En Irlande, le « silence est rompu » : La Campagne pour le droit Ă lâavortement
Abortion Rights Campaign (ARC â Campagne pour le droit Ă lâavortement) â qui milite pour que lâavortement devienne gratuit, sĂ»r et lĂ©gal en Irlande â est membre de lâAWID depuis le mois de mai 2015. Cette organisation de base, non hiĂ©rarchique et entiĂšrement composĂ©e de bĂ©nĂ©voles mĂšne son action en faveur de lâavortement en toute indĂ©pendance.
Elle collabore avec de nombreux groupes de dĂ©fense de la justice sociale, des droits humains et de lâĂ©galitĂ© de genre qui, tous, travaillent sur des thĂšmes liĂ©s Ă lâincapacitĂ© de lâIrlande Ă garantir pleinement la santĂ© et les droits sexuels et reproductifs (SDSR) des femmes, notamment depuis lâadoption en 1983 du 8e amendement de la Constitution irlandaise. LâARC nâexiste que depuis janvier 2013, mais elle collabore dĂ©jĂ activement avec plus de 15 organisations basĂ©es dans toute lâIrlande ou dâenvergure internationale, parmi lesquelles des conseils de femmes, des groupes de dĂ©fense des droits des personnes transgenres, des migrant-e-s, des gens du voyage mais aussi des organisations rĂ©gionales / rurales.

Marcher pour le droit de choisir
Dans le cadre de la JournĂ©e mondiale dâaction pour lâaccĂšs aÌ lâavortement sĂ»r et lĂ©gal, lâARC a organisĂ© sa 4e Marche annuelle pour lâavortement (site en anglais) le 26 septembre. Cette marche est une partie intĂ©grante de la mission de lâARC, une mission qui consiste dâune part Ă lutter pour que les femmes puissent avorter lĂ©galement, gratuitement et en toute sĂ©curitĂ© et, dâautre part, Ă remettre en cause le contexte restrictif, stigmatisant et patriarcal dans lequel la SDSR est mise en Ćuvre en Irlande.
Selon Cathie Doherty, lâune des co-organisatrices de lâARC, « lâIrlande aspire actuellement Ă un vrai changement, contrairement Ă ce que prĂ©tendent le ministre de la SantĂ© et le Premier ministre. Nous devons cesser de prĂ©tendre que les femmes irlandaises ne vont pas Ă lâĂ©tranger pour avorter. Cette hypocrisie contraint les femmes qui ne peuvent pas adopter cette solution Ă mener Ă leur terme des grossesses non dĂ©sirĂ©es ou Ă importer illĂ©galement des pilules abortives. Nous pouvons faire Ă©voluer lâIrlande. Nous pouvons Ă©galement vivre dans une sociĂ©tĂ© qui nous traite comme les ĂȘtres humains estimables que nous sommes.»

En un an tout juste (entre 2013 et 2014), le nombre de participant-e-s Ă la marche est passĂ© de 1 000 Ă 5 000. Ce sont 10 000 participant-e-s qui ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s Ă la marche de cette annĂ©e. Les manifestant-e-s sont venu-e-s avec des valises Ă roulettes pour symboliser lâobligation faite aux femmes dâaller avorter hors du pays. Entre janvier 1980 et dĂ©cembre 2014, au moins 163 514 femmes et jeunes filles ont dĂ» quitter le territoire irlandais pour bĂ©nĂ©ficier de services mĂ©dicalisĂ©s dâinterruption de grossesse Ă lâĂ©tranger (site en anglais).Â
Prendre la parole pour rompre le silence et mettre fin Ă la stigmatisation
LâARC collabore Ă©troitement avec de nombreuses femmes qui ont avortĂ©, et ce dans le but de faire connaĂźtre leur histoire. Elle met Ă leur disposition un espace sĂ»r au sein duquel elles peuvent parler et ĂȘtre Ă©coutĂ©es. Des sĂ©ances de prise de parole (« Speak-out ») ont Ă©tĂ© organisĂ©es en 2013 puis en 2014, dans le but dâoffrir Ă ces femmes la possibilitĂ© de parler de lâavortement ou des soins de mĂ©decine procrĂ©ative dont elles ont pu bĂ©nĂ©ficier Ă lâĂ©tranger ou, illĂ©galement, en Irlande.
Certaines des participantes ont confiĂ© leur tĂ©moignage Ă des journalistes. LâĂ©crivaine et comĂ©dienne Tara Flynn a rĂ©cemment Ă©voquĂ© sa propre expĂ©rience dans un article de lâIrish Times (site en anglais). Elle a notamment affirmĂ© quâelle participerait Ă la Marche pour le droit de choisir, poursuivant en ces termes : « il est temps de reconnaĂźtre le vĂ©cu rĂ©el de toutes ces femmes â que nous connaissons â et dâadmettre les faits tels quâils sont : des centaines de milliers de femmes ont Ă©tĂ© contraintes de prendre des risques ou dâaller Ă lâĂ©tranger pour recevoir les soins de santĂ© dont elles avaient besoin. Le silence ne nous a menĂ© Ă rien. Il est temps de parler. »
Mettre à bas les mythes grùce aux médias sociaux

LâARC considĂšre les mĂ©dias sociaux comme une plateforme efficace pour mener son action et mettre en lumiĂšre les questions relatives Ă lâautonomie corporelle, un sujet que les mĂ©dias traditionnels nâabordent gĂ©nĂ©ralement pas.
« Pour atteindre le public le plus large possible, nous [lâARC] nous efforçons dâintĂ©grer lâutilisation des nouveaux mĂ©dias et des nouvelles technologies Ă tous les niveaux de notre travail de plaidoyer. »
En prĂ©paration de la JournĂ©e internationale des femmes 2014, lâARC a menĂ© la campagne « 8 days, 8 myths » (« 8 jours, 8 mythes »), dans le but de saper les fondements de la stigmatisation et des prĂ©jugĂ©s dont sont victimes les femmes qui avortent.
Présentation de la 4e Marche annuelle pour le droit de choisir (en anglais)
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