Women human rights defenders (WHRDs) worldwide defend their lands, livelihoods and communities from extractive industries and corporate power. They stand against powerful economic and political interests driving land theft, displacement of communities, loss of livelihoods, and environmental degradation.
Why resist extractive industries?
Extractivism is an economic and political model of development that commodifies nature and prioritizes profit over human rights and the environment. Rooted in colonial history, it reinforces social and economic inequalities locally and globally. Often, Black, rural and Indigenous women are the most affected by extractivism, and are largely excluded from decision-making. Defying these patriarchal and neo-colonial forces, women rise in defense of rights, lands, people and nature.
Critical risks and gender-specific violence
WHRDs confronting extractive industries experience a range of risks, threats and violations, including criminalization, stigmatization, violence and intimidation. Their stories reveal a strong aspect of gendered and sexualized violence. Perpetrators include state and local authorities, corporations, police, military, paramilitary and private security forces, and at times their own communities.
Acting together
AWID and the Women Human Rights Defenders International Coalition (WHRD-IC) are pleased to announce “Women Human Rights Defenders Confronting Extractivism and Corporate Power”; a cross-regional research project documenting the lived experiences of WHRDs from Asia, Africa and Latin America.
We encourage activists, members of social movements, organized civil society, donors and policy makers to read and use these products for advocacy, education and inspiration.
AWID acknowledges with gratitude the invaluable input of every Woman Human Rights Defender who participated in this project. This project was made possible thanks to your willingness to generously and openly share your experiences and learnings. Your courage, creativity and resilience is an inspiration for us all. Thank you!
Nomina a feministas que nos inspiren para formar parte de la Junta Directiva de AWID.
Cada año, AWID busca renovar y enriquecer las perspectivas y experiencias reflejadas en nuestra Junta Directiva mediante la incorporación de nuevxs integrantes.
Actualmente, estamos buscando personas para integrar la Junta Directiva de AWID por períodos de 3 años, a partir de principios de 2024. Esta es una oportunidad para contribuir a la gobernanza de nuestra organización y formar parte de un increíble grupo de feministas de todo el mundo.
Por favor, ayúdanos a identificar feministas conscientes y comprometidas para nominarlxs a la elección antes del 10 de agosto de 2023.
Por favor, también comparte esta invitación a candidaturas entre tus redes.
¿A quién estamos buscando?
Ante todo, buscamos candidatxs que estén comprometidxs con la misión de AWID, que puedan establecer conexiones entre las luchas locales y globales, y que puedan ayudarnos a reflexionar sobre cómo aprovechar mejor el posicionamiento y las fortalezas de AWID en un contexto en constante transformación. Lxs candidatxs deben estar dispuestxs a cumplir con los deberes y responsabilidades legales de la Junta Directiva de AWID en el mejor interés de la organización.
Este es un cargo voluntario que requiere compromiso y participación a lo largo del año. Se espera que lxs integrantes de la Junta Directiva dediquen un mínimo de diez a quince días al año para asistir a reuniones presenciales y virtuales, y que contribuyan con su tiempo y experiencia según sea necesario.
Aspiramos a que nuestra Junta Directiva refleje la diversidad de los movimientos feministas en todo el mundo, en términos de nuestras identidades, geografías, orígenes y afiliaciones a los movimientos. Además, buscamos personas con experiencia relevante para las áreas de trabajo de AWID.
Aunque tendremos en cuenta a todxs lxs candidatxs, basándonos en la composición actual del Consejo, se considerará principalmente a:
Candidatxs con una sólida experiencia en las siguientes áreas:
Derechos y justicia para personas con discapacidad.
Derechos LGBTQI+, y particularmente movimientos de derechos trans
Candidatxs de las siguientes regiones:
Sudamérica
Caribe
¿Qué aporta la Junta a AWID?
La Junta Directiva es clave para configurar la dirección estratégica de AWID y apoyar a nuestra organización para que cumpla su misión en consonancia con el mundo en el que vivimos y las necesidades de nuestros movimientos.
Lxs integrantes de la Junta Directiva contribuyen a la organización de diversas maneras: aportando experiencia en gobernanza desde otros ámbitos, perspectivas de diversos movimientos feministas y conocimientos especializados en áreas relevantes para la estrategia de AWID.
Lxs candidatxs que sean finalmente elegidxs se unirán a la Junta Directiva de AWID en 2024, acompañándonos en el esperado Foro Internacional de AWID y en la implementación de nuestro plan estratégico.
(Puedes nominarte a ti mismx o a alguien que conozcas, con su consentimiento
Por favor, comparte esta invitación a nominar a través de tus redes.
Si bien cualquier persona puede nominar a alguien para la Junta Directiva de AWID, solamente quienes sean afiliadxs pueden votar en nuestra elección de Junta Directiva - ¡Únete a AWID hoy mismo!
Gracias, de antemano, por ayudarnos a encontrar a nuestrxs próximxs y maravillosxs integrantes de la Junta Directiva que respaldarán a AWID en su camino hacia el futuro.
Nous acceptons les candidatures dans toute la gamme des domaines thématiques et des intersections importantes pour les mouvements féministes et de justice de genre. Dans le formulaire de candidature, vous pourrez cocher plus d'un thème correspondant à votre activité/atelier.
Corps libres, esprits libres : tout ce qui concerne l'autonomie corporelle, le genre et la sexualité, la santé et les droits reproductifs, la liberté face à la violence basée sur le genre, la liberté de vivre en sécurité, le plaisir et la joie dans nos divers corps, identités et communautés, et bien d'autres choses encore.
Résister aux antidroits : localement et globalement, les féministes montrent la voie en résistant à toutes les formes d'oppressions intersectionnelles, y compris les fascismes, les fondamentalismes et les régimes autoritaires; nous avons beaucoup à partager et à élaborer des stratégies les un.e.s avec les autres.
Mouvements et organisation : apprenons à connaître nos mouvements respectifs. De la navigation du pouvoir (interne et externe) aux stratégies de protection face à la répression des femmes et des défenseuses.eurs des droits humains et de genre, de la construction d'alliances aux formes créatives et réussies d'organisation, apprenons et inspirons-nous les un.e.s des autres.
Justice économique et économies féministes : ce thème englobe tous les efforts féministes visant à transformer nos économies, depuis la remise en question des modèles extractifs dominants et la défense des droits des travailleuses.eurs jusqu'à l'incarnation et la mise en œuvre de pratiques et d'alternatives économiques féministes dans la vie de tous les jours.
Financement/ressourcement de l'activisme : l'obtention des financements nécessaires est un défi commun pour les mouvements du monde entier. Décortiquons ensemble l'écosystème du financement féministe, de l'analyse critique aux expériences de première main et aux moyens pratiques de financer le travail féministe.
Climat, justice environnementale, terre et eau : la justice écologique et climatique a des racines profondes dans beaucoup de nos mouvements et communautés; des traditions anciennes aux visions futuristes, des villages écologiques aux campagnes pour mettre fin à l'extractivisme et à la justice en matière de santé, nous invitons à un éventail complet d'activités sur tous les aspects de la justice climatique et environnementale.
Militarisation, guerre et conflit : nous souhaitons mettre en lumière l'organisation, l'analyse et les expériences féministes souvent en première ligne de la réponse aux crises et de l'aide au maintien de la viabilité, de la communauté et de la justice dans les moments les plus durs de la guerre et des conflits prolongés.
Décolonisation : la décolonisation est au cœur de chacun de nos thèmes, mais elle constitue également un programme féministe clé de résistance et de construction du monde dans de nombreuses réalités coloniales et postcoloniales.
Réalités numériques et technologies féministes : nous nous réjouissons de pouvoir célébrer les incroyables initiatives féministes qui transforment les mondes numériques, remettent en question les structures de pouvoir des grandes entreprises technologiques et démocratisent la technologie comme étant véritablement par et pour les individus.
Justice curative : il existe une incroyable diversité d'approches en matière de soins collectifs et de justice curative. Dans le monde entier, les professionnels.elles du soin et les mouvements se réapproprient la justice curative comme un principe politique, un ensemble de pratiques, un parcours d'apprentissage, un mode de vie, et bien d'autres choses encore.
Ajoutez votre thème ici!
Snippet - COP30 - 6th International Rights of Nature Tribunal - EN
6th International Rights of Nature Tribunal: A New Pledge for Mother Nature
Where frontline organizers lead and corporations are held accountable.
📅 Tuesday, November 11, 2025
📍 Online and at the Universidade Federal do Pará, Belém
Sexting Like a Feminist: Humor in the Digital Feminist Revolution Snippet Small
Sextoter comme une féministe : humour et révolution féministe numérique
by Chinelo Onwualu
Le 2 septembre 2021, les géniales féministes et activistes pour la justice sociale du festival de l’AWID Crear | Résister | Transform se sont retrouvées, non seulement pour mettre en commun leurs stratégies de résistance, cocréer et transformer le monde, mais également pour parler crûment sur Twitter.
Considérez ceci comme un cadeau, que nous vous faisons à vous, et aux 9 500 membres de notre communauté féministe mondiale. Un cadeau porteur d’espoir, de renouveau, d’action collective et de solidarité, en ces temps marqués par d’immenses injustices et violences.
Que ses récits vous rappellent qu’au-delà des frontières et des combats, nous sommes nombreux·ses, nous sommes puissant·es et, qu’ensemble, nous bâtissons les mondes que nous méritons.
Téléchargez-le ici, dans la langue de votre choix.
Mientras les líderes se reúnen en Brasil, es fundamental que los movimientos feministas, sobre todo los de la mayoría global, contemos con espacios autónomos para encontrarnos, elaborar estrategias y trastocar.
En estos nodos interpelamos el elitismo de las conversaciones sobre el clima, nos centramos en las vivencias y apuntamos a construir el poder colectivo más allá de las fronteras. Se ofrece un contrapeso crítico a las negociaciones internacionales jerárquicas y a menudo excluyentes. En los nodos buscamos promover las soluciones nacidas de la comunidad, amplificar las demandas feministas y garantizar que los principios feministas de los cuidados y la solidaridad sean los que den forma a la agenda por el clima. No se trata únicamente de tener presencia en la COP30, se trata también de reconfigurar las conversaciones sobre la justicia climática en términos feministas.
Snippet - COP30 - Feminist Economic Alternatives Brief - ES
📖 Informe sobre las alternativas económicas feministas
Una herramienta para activistas feministas presentes en la COP30 que luchan por soluciones transformadoras, equitativas y comunitarias para responder a la crisis climática.
Hôte: On pense souvent que la communication de notre désir se cantonne à l’intimité des quatre murs de nos chambres et à nos relations personnelles. Mais est-il également possible d’envisager ce genre de communication comme étant structurelle, une pratique qui éclairerait notre travail et la manière dont nous sommes, dont nous existons dans le monde?
LindiweJe pense que, malheureusement, l’expression de notre sexualité par le passé était restreinte. On était autorisées à l’exprimer dans le strict cadre du mariage, ce qui était permis, mais il y a toujours eu des tabous et une stigmatisation relative à toute autre forme d’expression. Évidemment, lorsqu’il est question de communication, le fait que certaines stigmatisations sont liées à l’expression de notre sexualité ou de nos désirs complique largement la communication dans la chambre ou de manière intime avec notre partenaire. Mon expérience personnelle me fait croire que si je suis beaucoup plus à l’aise à m’exprimer sur d’autres sujets thématiques ou sujets en dehors de la chambre, il m’est plus facile de construire cette confiance parce que je comprends la modalité de résolution de conflits avec cette personne en particulier, je comprends exactement comment rendre la communication spéciale avec cette personne. Ce n’est pas facile. C’est quelque chose que l’on fait tout au long de notre engagement, quel qu’il soit, qu’il s’agisse d’une relation durable ou que cela soit plus informel et ponctuel. Mais je crois que la confiance à l’extérieur peut assurément traduire la manière dont nous communiquons notre désir.
Manal
Depuis la petite enfance, les femmes sont éduquées à coups de « tu n’es pas autorisée à parler de ton corps, tu n’es pas autorisée à parler de ton désir », qui posent une lourde responsabilité sur leurs épaules, et particulièrement des filles à l’adolescence lorsqu’elles ont besoin de s’exprimer et de parler de ces questions. Donc moi, je pense que c’est un gros problème. Tu sais, je suis mariée depuis plus de 25 ans, mais encore aujourd’hui, je ne peux pas parler de mes désirs. Je ne peux pas dire ce que je veux ou ce que je préfère, parce que c’est comme si je n’étais pas autorisée à franchir cette ligne. C’est comme si c’était péché, bien que ce soit mon droit. Et c’est le cas pour toutes mes amies, elles ne peuvent pas s’exprimer de la bonne manière.
Louise
Personnellement, je trouve que l’expression de nos désirs, de mes désirs, quelle que soit la forme que prend cette expression, a à voir avec l’autre, avec le regard que cet autre poserait sur moi. Donc c’est également quelque chose que l’on peut relier au cinéma. Et sur le regard que je poserais sur moi-même aussi : ce que je pense être en tant que personne, mais également ce que la société attend de moi et de ma sexualité. J’ai, par le passé, en quelque sorte fait l’analogie entre ce qui se passe dans la chambre et ce qui se passe sur le lieu du travail, parce qu’il y a parfois cette dynamique de pouvoir, que je le veuille ou non. Et souvent, la communication verbale est plus difficile qu’on ne le pense. Mais quand il est question de représentation dans les films, c’est alors complètement différent. Lorsqu’il est question de simplement communiquer des désirs sexuels dans la chambre ou en dehors, on est très loin de ce que je suppose que nous toutes ici voudrions voir à l’écran.
En ligne et incarné
Hôte: On peut considérer le monde numérique comme étant incarné : alors qu’il peut être virtuel, il n’en est pas moins réel. Et cela a été clairement démontré dans le contexte du Festival des réalités féministes de l’AWID, qui s’est tenu entièrement en ligne. Qu’est-ce que cela signifie, alors, de parler de sexualité, collectivement, politiquement, dans des espaces en ligne? Est-ce que nous naviguons dans les espaces virtuels avec nos corps et nos affects? Et dans ce cas, quels sont les différents éléments à prendre en compte? Qu’est-ce que cela fait à la communication et à la représentation?
LindiweLes réseaux sociaux nous donnent l’impression d’être dans la communauté. Quand on exprime ce qu’on veut ou ce qu’on aime, il y a toujours une personne qui sera d’accord ou pas d’accord, mais celles qui sont d’accord vous donnent le sentiment d’appartenir à une communauté. Donc, c’est plus facile de lancer ça dans l’univers, ou au vu de tout le monde, et de potentiellement ne pas recevoir autant de jugements. Et je parle là en termes très vagues parce que, selon ce que tu exprimes, tu seras vilipendée ou célébrée. Mais quand on est dans la chambre, il y a une certaine intimité à laquelle s’ajoute presque une vulnérabilité qui t’exposent et qui exposent différentes parties de toi, sur lesquelles il n’est pas aussi facile de donner son avis. Quand il est question d’exprimer ton désir, il est beaucoup plus facile d’en parler, de le dire et peut-être même de faire un tweet ou un billet sur les réseaux sociaux, ou même d’aimer et de lire ce que disent d’autres communautés qui pensent de la même manière, que de dire à ta ou ton partenaire « c’est comme ça que je veux ressentir du plaisir » ou « voilà comment je veux que tu fasses ensuite », à cause de la peur du rejet. Mais ce n’est pas tout, rien que la vulnérabilité – de permettre à l’autre personne de te voir à nu au point de savoir à quoi tu penses, ce que tu ressens et ce que tu veux – je pense que c’est là que la différence se ferait pour moi, personnellement. Je pense que c’est beaucoup plus communautaire sur les réseaux sociaux, et c’est plus facile de se lancer dans le récit. Alors que dans la chambre, tu n’as pas forcément envie de tout gâcher. Mais je pense que ça nous aide aussi, en quelque sorte, à comprendre, selon la relation avec la personne, comment agir par la suite. Donc, je sais toujours que si j’essaie de communiquer quelque chose et que je n’y parviens pas sur le moment, je peux toujours essayer d’en parler plus tard et voir quelle est la réaction, pour savoir comment l’aborder ensuite.
LouiseTu sais, la question dans les films c’est que je ne sais pas si le regard masculin est vraiment intentionnel ou pas. On n’en sait vraiment rien, en fait. Ce qu’on sait, c’est que la raison pour laquelle la sexualité en général a toujours été si hétéronormative et centrée sur la pénétration et qu’elle ne donne pas de place aux femmes pour qu’elles puissent vraiment demander quoi que ce soit dans les films, c’est parce que la plupart des gens qui travaillent dans cette industrie et qui prennent les décisions en matière de, tu sais, le déroulement de l’histoire et du montage, sont des hommes blancs. Donc, la revanche suite au viol, c’est ce genre de film très bizarre qui est apparu dans les années 1970, où pendant la moitié de l’histoire, il y aurait une femme qui est violée par une personne ou par plusieurs personnes, et dans l’autre moitié elle obtiendrait sa revanche. Donc, généralement, elle en viendrait à assassiner et à tuer les personnes qui l’ont violée, et parfois d’autres personnes de proximité. Au début de la naissance de ce genre et pendant une trentaine d’années au moins, ces films étaient produits et réalisés par des hommes. C’est aussi pour ça que nous voulons une telle représentation. Beaucoup de féministes et de pionnières dans la réalisation de films queer se sont également servies du fait de filmer pour y parvenir ainsi que pour réclamer leur propre sexualité. Je pense à Barbara Hammer, qui est une féministe et une pionnière queer du cinéma expérimental aux États-Unis, qui a décidé de filmer des femmes faisant du sexe en 16 mm et, ce faisant, réclamé un espace au sein des récits dans les films à cette époque. Il y a également la question de l’invisibilisation : on sait maintenant, grâce à Internet et au partage des connaissances, que les réalisatrices femmes et queer essaient de faire des films depuis les débuts du cinéma. On ne s’en rend compte que maintenant, parce qu’on a accès aux bases de données d’activistes, de conservatrices et de réalisatrices.
Résister face à la colonisation
Hôte: Ça nous permet d’ouvrir la discussion sur l’importance de maintenir nos histoires féministes vivantes. Les mondes en ligne ont également joué un rôle essentiel dans la documentation des protestations et de la résistance. Du Soudan à la Palestine et à la Colombie, les féministes ont déferlé sur nos écrans, remettant en question les réalités de l’occupation, du capitalisme et de l’oppression. Pourrions-nous alors parler de communiquer le désir – le désir de quelque chose d’autre – comme d’une décolonisation?
ManalC’est peut-être parce que mon village ne compte que 600 habitantes et habitants et qu’il n’est constitué que d’une seule famille, les Tamimi, mais il n’y a aucun obstacle entre les hommes et les femmes. Nous faisons tout ensemble. Donc, lorsque nous avons commencé notre résistance non violente ou lorsque nous avons rejoint la résistance non violente en Palestine, il n’était nullement question de savoir si les femmes devraient ou non y participer. Nous avons assumé un rôle très important au sein de ce mouvement ici au village. Mais lorsque d’autres villages et d’autres lieux ont commencé à se joindre à nos manifestations hebdomadaires, certains hommes se sont dit que si des femmes participaient ou rejoignaient les mobilisations, elles se battraient alors avec des soldats, signifiant qu’elles seraient des femmes faciles. Il y a eu des hommes qui n’étaient pas du village et qui ont essayé de harceler sexuellement les femmes. Mais une femme forte qui est capable de se tenir face à un soldat peut également se tenir face au harcèlement sexuel. Parfois, lorsque des femmes d’autres lieux se joignent à nos protestations, elles sont tout d’abord timides, elles n’osent pas s’approcher parce qu’il y a de nombreux hommes. Si tu veux rejoindre une manifestation, si tu veux faire partie du mouvement non violent, tu dois éliminer toutes ces restrictions et toutes ces pensées de ton esprit. Tu ne dois te concentrer que sur la lutte pour tes droits. Malheureusement, l’occupation israélienne est consciente de cette question. Par exemple, la première fois où j’ai été arrêtée, comme je porte le hijab, ils ont essayé de me l’enlever; ils ont essayé de m’enlever mes vêtements, devant tout le monde. Il y avait quelque 300 à 400 personnes, et ils ont essayé de me déshabiller. Quand ils m’ont emmenée pour l’interrogatoire, l’interrogateur m’a dit : « On a fait ça parce qu’on veut punir d’autres femmes par ton biais. On connaît ta culture. » Alors je lui ai répondu : « Je m’en fous, j’ai fait quelque chose en quoi je crois. Même si tu enlèves tous mes vêtements, tout le monde sait que Manal est en résistance. »
LindiweJe pense que même d’un point de vue culturel, ce qui est très ironique si on prend en compte la culture en Afrique, montrer sa peau n’était pas un problème avant d’être colonisée. Porter des peaux ou des cuirs d’animaux pour se protéger n’était pas un problème et les gens n’étaient pas aussi sexualisés, sauf dans un contexte approprié. Mais nous, nous sommes conditionnées à dire : « Tu devrais te couvrir », et dès que l’on n’est pas couverte on est exposée, et ça, c’est sexualisé. La nudité est sexualisée, contrairement à juste être nue; ils ne veulent pas qu’une petite fille soit nue. Mais quel genre de société avons-nous conditionnée pour nous-mêmes, si c’est pour sexualiser une personne qui est nue en dehors du contexte d’une relation sexuelle? Mais l’environnement joue un rôle prépondérant, parce que nos parents, nos grands-mères et nos tantes nous disent : « Ne t’habille pas de manière inappropriée » ou « Non, ça c’est trop court ». Donc, on entend ça d’abord à la maison, et ensuite quand on est exposée à l’extérieur, selon l’environnement, qu’il soit eurocentré ou plus occidentalisé que ce à quoi tu es habituée, alors tu es en quelque sorte libre d’être comme tu veux. Et même là, aussi libre que tu sois, il y a quand même beaucoup de choses qui vont avec, entre les remarques dans la rue et les gens qui continuent à sexualiser ton corps. Tu pourrais porter une jupe courte, et quelqu’un se dirait qu’il a le droit de te toucher sans ta permission. Tellement de choses sont associées avec la réglementation et le contrôle des corps des femmes, et cette rhétorique commence à la maison. Et après, quand tu vas dans ta communauté et dans la société, cette rhétorique continue et tu te rends compte que tu es sexualisée par la société dans son ensemble, particulièrement en tant que personne de couleur.
La résistance en tant que plaisir
Hôte: Et enfin, de quelle manière notre résistance peut-elle être davantage que ce à quoi nous sommes autorisées? Y a-t-il un endroit pour le plaisir et pour la joie, pour nous et nos communautés?
LouiseTrouver le plaisir en tant que résistance et la résistance dans le plaisir, il y a pour moi tout d’abord cette idée du cinéma comme guérilla, ou l’action de filmer quand on ne devrait pas, ou lorsque quelqu’un t’a dit de ne pas le faire, ce qui est le cas pour de nombreuses réalisatrices femmes et queer dans le monde actuellement. Au Liban, par exemple, qui est une scène du cinéma que je connais très bien, la plupart des histoires lesbiennes que j’ai vues avaient été filmées par des étudiantes en format très court avec « aucune valeur de production » comme on le dit en Occident – ce qui signifie sans argent, à cause de la censure au niveau institutionnel, mais également au sein de la famille et de la sphère privée. À mon avis, filmer quoi que ce soit, mais aussi filmer le plaisir et le plaisir dans les histoires lesbiennes, est un acte de résistance en soi. Très souvent, s’emparer d’une caméra et trouver quelqu’un pour le montage et quelqu’un pour jouer est extrêmement difficile et nécessite un fort positionnement politique.
LindiweJ’ai un groupe de soutien pour les victimes de viol. J’essaie d’aider les femmes à se réintégrer d’un point de vue sexuel : vouloir à nouveau avoir des relations intimes, ne pas laisser leur traumatisme avoir une telle influence sur leur avenir. Ce n’est pas chose facile, mais c’est individuel. Donc, je commence toujours par la compréhension de son corps. Je pense que plus on le comprend et l’aime et plus on en est fière, plus on est capable de permettre quelqu’un d’autre dans cet espace. J’appelle ça « la formation à la sensualité », et je les accompagne pour qu’elles commencent à se voir non pas comme des objets sexuels, mais comme des objets de plaisir et de désir qui peuvent être interchangeables. Donc, on mérite de recevoir et de donner. Mais ce n’est pas simplement d’un point de vue psychologique, c’est aussi physique. Quand tu sors de la douche, quand tu sors du bain, et que tu enduis ton corps avec du lait de toilette, regarde toutes les parties de ton corps, touche toutes les parties de ton corps, découvre là où il y a des changements, apprends à connaître ton corps de telle manière que tu sais quand un nouveau bouton apparaît sur ton genou, tu te connais si bien que tu sais qu’il y a quelques heures, il n’était pas là. Donc, des choses comme ça, où je fais en sorte que les femmes s’aiment de l’intérieur, pour sentir qu’elles méritent d’être aimées dans un lieu sûr, c’est comme ça que je les oriente pour qu’elles réclament leur sexualité et leur désir.
ManalTu sais, nous avons commencé à voir des femmes arriver de Naplouse, de Jérusalem, de Ramallah, même des territoires occupés de 1948, qui ont conduit trois ou quatre heures juste pour venir manifester avec nous. Après ça, nous avons essayé d’aller dans d’autres lieux, de parler avec les femmes, de leur dire qu’elles ne doivent pas être timides, qu’elles doivent simplement croire en elles-mêmes et qu’il n’y a rien de mal à ce qu’elles font. Tu peux te protéger, donc où est le mal à participer ou à nous rejoindre? Un jour, j’ai demandé à des femmes : « Pourquoi vous rejoignez-nous? » Et elles ont répondu : « Si les femmes Tamimi peuvent le faire, nous aussi on peut le faire ». En toute honnêteté, j’étais très contente d’entendre ça, parce qu’on était comme un modèle pour d’autres femmes. Si je dois me battre pour mes droits, ça doit être pour tous mes droits, pas juste un ou deux. Les droits, ça ne se divise pas.