Flickr/Leonardo Veras (CC BY 2.0)

Analyses Spéciales

L´AWID est une organisation féministe mondiale qui consacre ses efforts à la justice de genre, au développement durable et aux droits humains des femmes

Protection de la famille

Contexte

Au cours des dernières années, nous avons observé une nouvelle tendance inquiétante dans les espaces internationaux consacrés aux droits humains. Les discours axés sur « la protection de la famille » sont en effet utilisés pour défendre des violations des droits de membres de la famille, pour renforcer et justifier l’impunité des auteurs de ces violations et pour restreindre l’égalité des droits au niveau de la vie familiale. 

La campagne en faveur de la « Protection de la famille » est motivée par une volonté conservatrice d’imposer des conceptions « traditionnelles » et patriarcales de la famille et de priver les membres de la famille de leurs droits pour les transférer à « l’institution familiale ».

Les initiatives visant à la « Protection de la famille » reposent sur :

  • la montée du traditionalisme,
  • la montée du conservatisme culturel, social et religieux,
  • l’existence d’une hostilité vis-à-vis des droits humains des femmes, des droits sexuels, des droits des enfants et enfin des droits des personnes dont l’identité de genre et l’orientation sexuelle ne sont pas conformes aux normes.

Depuis 2014, un groupe d’Etats travaille de front dans les espaces dédiés aux droits humains sous le nom de « Group of Friends of the Family » (Groupe des ami-e-s de la famille) ; des résolutions sur la « Protection de la famille » ont été adoptées chaque année depuis 2014.

Ce programme s’est propagé au-delà du Conseil des droits humains. Nous avons observé l’introduction d’un discours régressif autour de la « famille » à la Commission sur la condition de la femme, ainsi que des tentatives d’introduction dans les négociations sur les Objectifs de développement durable.


Notre approche

L’AWID travaille avec des partenaires et des allié-e-s pour s’opposer ensemble à la « Protection de la famille » et à d’autres programmes régressifs et défendre l’universalité des droits humains.

En réponse à l’influence croissante d’acteurs régressifs au sein des espaces dédiés aux droits humains, l’AWID a rejoint des allié-e-s afin de créer l’Observatoire sur l'Universalité des droits (OURs) (site en anglais). L’OURs est un projet de collaboration qui surveille, analyse et diffuse les informations concernant les initiatives anti-droits telles que la « Protection de la famille ».

Le premier rapport de l’OURs, Nos droits en danger, trace une cartographie des acteurs et actrices qui constituent le lobby mondial anti-droits et identifie leur réthorique et stratégies clés ainsi que leur impact sur les droits humains.  

Le rapport précise que le programme de « Protection de la famille » a développé une collaboration entre un large éventail d’acteurs régressifs aux Nations Unies, qu’il décrit comme « un cadre stratégique abritant des positions anti-droits et patriarcales multiples, où le cadre vise entre autres à légitimer et institutionnaliser ces positions. »

Contenu lié

Appel aux artistes et activistes créatifs·ves pour se rassembler dans une nouvelle communauté Slack !

Nos pensées vont actuellement aux nombreuses personnes à travers le monde qui sont les plus affectées par les conséquences de la pandémie mondiale de la COVID-19, et notamment aux communautés marginalisées, historiquement opprimées. 

Nous invitons ici les artistes et les activistes qui font preuve de créativité à rejoindre un espace virtuel pour se connecter, créer une communauté et se soutenir les un·e·s les autres durant ces moments difficiles. Ainsi, nous avons créé une nouvelle communauté Slack qui nous permettra de partager en toute sécurité des réflexions, des apprentissages, des astuces de la vie de tous les jours, des ressources, des conseils, des craintes et des angoisses, des élans d’espoir et de bonheur, et de discuter plus généralement de nos activités.   

Rejoignez-nous sur Slack

Après avoir rempli le formulaire, nous vous enverrons votre invitation personnelle pour rejoindre la communauté.


À propos de cette communauté :

Pour les personnes qui ne connaissent pas Slack, nous aurons des sessions et des tutoriels d’introduction une fois que vous êtes inscrit·e·s.

Nous travaillons en trois langues (français, anglais, espagnol), et nous vous encourageons donc à écrire dans la langue dans laquelle vous sentez le plus à l’aise et à utiliser des outils de traduction en ligne (Google Traduction ou autres) pour participer aux discussions.   

Cocréer des espaces accueillants et sécurisés:

Merci de lire les règles de la communauté

La cocréation de nos réalités féministes commence par nous-mêmes, et nos façons de nous traiter les un·e·s les autres. Nous nous efforçons de créer et de protéger des espaces qui sécurisent et soutiennent nos communautés, à la fois en ligne et en personne. Nous envisageons aussi les espaces sécurisés et accueillants, tout comme cocréés, et dont la possession est partagée. Nous attendons de nos membres d’agir de façon éthique, responsable et cohérente vis-à-vis des valeurs de l’AWID, et d’assumer une responsabilité collective pour garantir un environnement de respect mutuel et de solidarité.    

Sujet hebdomadaire :

Dans le cadre de nos échanges continus, nous partagerons un sujet hebdomadaire dans Slack dans le but de faciliter le dialogue et d’inspirer des processus de création artistique. Il pourra s’agir d’un processus introspectif, mais pour tirer le maximum de cette communauté, nous vous encourageons à interagir avec d’autres membres de la communauté, et de partager vos réflexions dans le cadre de discussions. L’objectif est d’inviter les gens à répondre librement et progressivement en écrivant ou en réalisant de l’art, de la manière qui leur convient le mieux.   

Nous espérons tenir avec vous des échanges pertinents et vivants, et nous vous invitons donc à partager vos suggestions et vos commentaires. De manière générale, les thèmes se concentreront sur les expériences et les perspectives d’artistes, d’écrivain·e·s et de créateurs·rices -- lesquellesfourniront un espace aux gens pour concevoir à travers et au-delà du contexte mondial actuel via le prisme des réalités féministes.   


Rejoignez-nous sur Slack

Bessy Ferrera

Bessy Ferrera a défendu sans relâche les droits humains des personnes trans, travailleuses du sexe et séropositives au Honduras. 

 Bessy était aussi membre d’Arcoíris, une organisation qui soutient la communauté LGBTI+. Elle était en outre la personne référente de la plateforme Derechos aquí y Ahora (les droits ici et maintenant) au Honduras et plaidait fermement en faveur d’une pleine citoyenneté pour les personnes trans, ainsi que pour l’adoption d’une loi sur l’identité de genre qui permettrait aux personnes trans de changer légalement d’identité de genre. 

« Depuis le début de l’année [2019], la communauté trans a été victime d’une série d’attaques, parce qu’elle a défendu et demandé des droits. » Rihanna Ferrera (sœur de Bessy)
Bessy était une travailleuse du sexe qui a été tuée par balle par deux hommes, au début du mois de juillet 2019, alors qu’elle travaillait dans les rues Comayagüela. Ses assaillants ont par la suite été arrêtés.  

Bessy fait partie des nombreux·ses activistes des droits LGBTI+ du Honduras, assassiné·e·s en raison de leur identité et de leur travail, parmi qui se trouvent : Cynthia Nicole, Angy Ferreira, Estefania "Nia" Zuniga, Gloria Carolina Hernandez Vasquez, Paola Barraza, Violeta Rivas et Sherly Montoya.

Le cas de Bessy incarne l’injustice, de même qu’un problème plus large de violence systémique à laquelle se confronte la communauté LGBTI+ au Honduras, puisque l’État ne parvient pas à garantir l’offre de droits ni à fournir une protection. Cela est à l’origine d’une culture de l’impunité.   

Malgré les risques auxquels sont confronté.e.s les activistes LGBTI+ au Honduras,  tous et toutes continuent leur travail pour défier et résister à la violence, ainsi que pour combattre la stigmatisation et la discrimination au quotidien.

« Si je meurs, il faut que ce soit pour quelque chose de bien, pas pour une futilité. Je ne veux pas mourir en fuyant, en étant lâche. Si je meurs, je veux que les gens disent que je suis mort·e en me battant pour ce qui m’appartient » - membre d’Arcoíris

Snippet FEA Sabrina Sanchez Bio (FR)

Nous vous présentons Sabrina Sanchez, incroyable femme trans, migrante, travailleuse du sexe, organisatrice, transféministe et l'une des fondatrices du syndicat OTRAS.

Originaire de Mexico, elle a émigré en Espagne il y a 17 ans après avoir obtenu son diplôme en communication et a commencé à travailler comme travailleuse du sexe.

Il ne fallut pas longtemps avant qu'elle ne s'implique dans l'activisme trans et l'activisme des travailleur·euses du sexe à Barcelone. Après avoir rejoint l'Association des Professionnel·les du Sexe (Asociación de Profesionales del Sexo, Aprosex), elle a commencé à travailler dans son secrétariat et a fondé le syndicat espagnol des travailleur·euses du sexe OTRAS.

Elle vit actuellement à Amsterdam, où elle travaille comme coordinatrice de l'Alliance Européenne des Travailleur·euses du Sexe.

Fait divers: elle est aussi mécanicienne automobile et adepte de la course à pied!

Forum Theme (Forum page)

Thème du Forum

Le thème du 14e Forum international de l'AWID est «Réalités féministes : notre pouvoir en action».

Ce Forum célébrera et amplifiera les propositions audacieuses autour de nous, à tous les stades de déveoppement ! 

En savoir plus

Quanto tempo demora a preencher o inquérito?

O tempo estimado para preencher o inquérito é 30 minutos.

Yo, Imposible / Being Impossible Watch Party Participation Guide

Navleen Kumar

"She was not a person. She was a power."
- a fellow activist remembering Navleen Kumar

Navleen Kumar was a fervent land rights and social justice activist in India.

With commitment and integrity, she worked for more than a decade to protect and restore the lands of Indigenous people (adivasi) in Thane district, an area taken away by property and land developers using such means as coercion and intimidation. She fought this injustice and crime through legal interventions at different courts, realizing that manipulation of land records was a recurrent feature in most cases of land acquisition. In one of the cases, that of the Wartha (a tribal family), Navleen found out that the family had been cheated with the complicity of government officials.

Through her work, she helped restore the land back to the Wartha family and continued to pursue other cases of adivasi land transfers.

“Her paper on the impact of land alienation on adivasi women and children traces the history and complexities of tribal alienation from the 1970s, when middle class families began to move to the extended suburbs of Mumbai as the real estate value in the city spiralled.

Housing complexes mushroomed in these suburbs, and the illiterate tribals paid the price for this. Prime land near the railway lines fetched a high price and builders swooped down on this belt like vultures, to grab land from tribals and other local residents by illegal means.”
-Jaya Menon, Justice and Peace Commission 

During the course of her activism, Navleen received numerous threats and survived several attempts on her life. Despite these, she continued working on what was not only important to her but contributed to changing the lives and realities of many she supported in the struggle for social justice. 

Navleen was stabbed to death on 19 June 2002 in her apartment building. Two local gangsters were arrested for her murder. 

Snippet FEA Principles of work Human Rights (EN)

A person speaking in a loudspeaker.

HUMAN RIGHTS

لا أشعر بالراحة لمشاركة اسمي او اسم مجموعتي، منظمتي و\ أو حركتي مع AWID, هل أستطيع مع ذلك تعبئة الاستطلاع؟

طبعاً! هذه الأسئلة اختيارية. نقدّر جداً حقكم بالسرية. الرجاء تعبئة الاستطلاع دون علاقة بقراركم/ن بمشاركة اسم المجموعة، المنظمة أو الحركة أو تفاصيل التواصل معكم/ن.

Ali Chavez Leeds

tasseography print justice. Print on paper, 4 color screen print, 8.5x11, 2016
Impresión de pantalla en papel a 4 colores (8,5 x 11 pulgadas), 2016

“Tasseography” [«Taseografía»]

La taseografía es el estudio de los posos de café y/o de las hojas de té para la adivinación. Es una práctica que ha sido transmitida por las mujeres del lado armenio de mi familia, y me fue enseñada por mi madre, que a su vez la aprendió de su madre y así sucesivamente. Cuando miraba a mi Nana leer los posos del café armenio preparado para la familia y lxs amigxs, veía muchas veces como ella veía lo que quería decir. Estas impresiones dicen algunas de las cosas que quiero ver en el mundo: espero que sean las mismas cosas que ustedes quieren ver.  

Our Promise
Impresiones en relieve en papel (11 x 14 pulgadas), 2021

“Our Promise” [«Nuestra promesa»]

Esta impresión celebra la resiliencia, el sacrificio y la fortaleza de lxs luchadorxs por la libertad de SWANA, a través de la historia y la solidaridad existente. La inspiración original provino de un artículo que leí sobre una exposición en Tatvan, un distrito de Bitlis, que mostraba la presencia armenia en la región. Mis antepasadxs eran de Bitlis, que ahora se encuentra dentro de las fronteras de la Turquía moderna.

looking at the cup
Impresiones en relieve en papel (8,5 x 11 pulgadas), 2020

“Looking at the Cup” [«Mirando la taza»]

La taseografía (el estudio de la lectura de los posos de café) es una práctica cultural que las mujeres armenias han utilizado durante cientos de años para hablar entre sí. Es un lenguaje codificado para iniciar conversaciones, construir conexiones interrelacionadas y entretejidas.

Sobre Ali Chavez Leeds

]Ali Chavez Leeds portrait
Ali Cat Leeds (ella/ellx) es una artista y estampadora que vive en las tierras no cedidas de los pueblos Cowlitz y Multnomah y de las tribus confederadas de la comunidad de Grand Ronde en la confluencia de dos ríos, conocida como Portland, Oregón. Produce su trabajo bajo el nombre de Entangled Roots Press. Sus estampas mezclan lo literal y lo metafórico,para iluminar y comentar el mundo que nos rodea. Las impresiones en relieve, de pantalla y tipográficas abarcan desde las masacres de las deforestaciones hasta la belleza de los movimientos populares. Las estampas de Ali se nutren de herstorias [historias de ellas] ancestrales y empujan hacia futuros liberadores, enredando en la hoja de papel impresa los aprendizajes de jardines, los símbolos en las tazas de café y los hilos entretejidos de Armenia y Euskal Herria.

Nadyn Jouny

Lo personal es político, y la apasionada y valiente Nadyn Jouny personificó este mantra feminista. Nadyn experimentó de primera mano el dolor de la violencia estructural de los sistemas legales que despojan a las mujeres de sus derechos.

Cuando Nadyn decidió solicitar el divorcio, los tribunales religiosos chiítas, bajo las Leyes de Estatuto Personal Libanesas, le negaron la custodia de su joven hijo Karam. Nadyn, como tantas otras mujeres del Líbano y de otros países, se vio atrapada entre el dolor imposible de dejar una relación no deseada y abusiva y de perder a la vez los derechos sobre su hijo.  Sin embargo, Nadyn se defendió, y lo habría de hacerlo hasta el último día.

Nadyn utilizó su  habilidad con los medios de comunicación para convertirse en una voz  franca a favor de las mujeres que luchan contra la discriminación en la legislación familiar, en el Líbano y a nivel internacional. Nadyn cofundó el grupo autofinanciado "Protecting Lebanese Women" [Protegiendo a las Mujeres Libanesas] (PLW, por sus siglas en inglés) y se unió a muchas otras madres libanesas que se enfrentaban a problemas similares de custodia. Juntas, trabajaron para crear conciencia sobre las injusticias extremas a las que se enfrentaban, a nivel nacional, protestaron ante los tribunales religiosos por sus derechos y, a nivel internacional, llamaron la atención de los medios de comunicación.

Nadyn también trabajó con ABAAD - Resource Center for Gender Equality [Centro de Recursos para la Igualdad de Género], otra organización por los derechos de las mujeres en el Líbano, para realizar campañas en favor de los derechos de las mujeres, la igualdad en la legislación familiar y relativa a las custodias y contra los matrimonios forzados y precoces.

Para muchxs de sus colegas, Nadyn llegó a "simbolizar la lucha de una madre libanesa contra la supresión y la misoginia de todo tipo" (en inglés), al utilizar "su experiencia personal y trayectoria individual de empoderamiento, dio a otras mujeres esperanza para que ellas también pudieran ser un catalizador para el cambio positivo" - ABAAD - Centro de Recursos para la Igualdad entre los Géneros, Líbano.

El 6 de octubre de 2019, Nadyn murió trágicamente en un accidente de automóvil cuando se dirigía a protestar por los injustos aumentos de impuestos en un país que ya se enfrentaba a una espiral de crisis financiera. Nadyn Jouny tenía solo 29 años en el momento de su muerte.

Snippet FEA Title Main (ES)

 

 

 

Las Economías Feministas

QUE AMAMOS

 

 

FRMag - Freeing the Church

Liberar a la Iglesia, descolonizar la Biblia para las mujeres de Papúa Occidental

por Rode Wanimbo

«Señor, somos indignas. Somos las que pecaron, porque Eva comió el fruto en el Edén. Solo somos mujeres que cultivan batatas, cuidan cerdos y dan a luz niñxs. Creemos que tú moriste en la cruz para liberarnos. Gracias, en el nombre de Jesús, amén». (...)

Leer


< arte: «Offerings for Black Life» [Ofrendas para las vidas negras], Sokari Ekine

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Да, пожалуйста! Мы просим распространить ссылку на опрос среди своих коллег по сети. Чем больше различных точек зрения мы соберем, тем более полным будет наше понимание финансового положения феминистских организаций.

La tendresse est la plus féroce des résistances

Une série de films sur les Réalités féministes dans la région Asie/Pacifique

Préparée par Jess X. Snow
avec l’aide de Kamee Abrahamian et Zoraida Ingles
Révisée par Kamee Abrahamian

Dans toute l’Asie et le Pacifique, et dans sa diaspora tout entière, des femmes et des trans farouches se battent pour un avenir où iels pourraient être libres. Alors que l’élévation du niveau des mers menace les îles du Pacifique et les côtes de l’Asie continentale, la lutte pour protéger la Terre et les océans s’intensifie dans le monde entier. La mémoire géologique de notre planète enregistre toutes les expériences qu’elle a vécues : la montée des colonisations, de l’industrialisation et de la destruction de l’environnement est liée à la montée de l’État-nation patriarcal binaire. Le pouvoir au sein de la Terre de se réincarner et d’éclore face à la violence doit alors être mis en lien avec les femmes, la maternité, l’indigénéité et toutes les forces expansives, sacrées et queer. Les Réalités féministes unissent la lutte pour la protection des droits des femmes, des trans et des personnes LGBTQ+ avec celle pour la protection de la Terre, et ce n’est pas une coïncidence. Des mères et filles protégeant le Mauna Kea au Royaume de Hawai’i aux relations complexes entre mères et enfants chez les réfugié·e·s du Vietnam, en passant par les réveils sexuels de personnes queer dans l’Inde conservatrice, la réclamation de la construction de maisons en Mongolie intérieure et la lutte pour la libération des personnes LGBTQ aux Philippines, cet ensemble de films est une constellation des manières selon lesquelles les femmes, personnes queer et trans en Asie-Pacifique défendent de nos jours les multiples voies vers notre libération collective, au-delà des océans et des frontières.
 
Tous ces films témoignent du sens fort accordé aux lieux : des activistes autochtones protègent leurs terres sacrées, des jeunes déconstruisent les récits coloniaux sur leurs terres et découvrent des vérités cachées, les liens complexes de maternité et de soins sont examinés, et des personnages se tournent vers leur propre corps et leur sexualité comme autant de sanctuaires, lorsque la famille et la ville qui les entourent menacent leur sécurité.


AFTEREARTH

De Jess X. Snow

 « Un film envoûtant avec des plans époustouflants qui invoquent la résistance écologique  féministe et comment elle prend directement source dans l'histoire culturelle et la terre… »
    - Jessica Horn, stratège féministe panafricain·e, écrivain·e et cocréateur·rice de The temple of her skin (Le temple de sa peau) 

Dans le documentaire expérimental Afterearth, quatre femmes se battent pour protéger les volcans, les océans, la terre et l’air pour les générations futures. En s’appuyant sur de la musique, de la poésie et le témoignage poignant qui rend honneur aux lieux qu’atteint l’océan Pacifique – Hawai’i, les Philippines, la Chine et l’Amérique du Nord, Afterearth est une méditation poétique sur la relation intergénérationnelle et féministe de quatre femmes avec les terres et les plantes dont elles sont issues.


STANDING ABOVE THE CLOUDS

De Jalena Keane Lee

Dans Standing Above the Clouds, des mères et filles activistes indigènes de Hawai’i se tiennent côte à côte pour protéger leur montagne sacrée, Mauna Kea, contre sa transformation en un site de construction des plus grands télescopes au monde. En tant que protectrices de Mauna Kea, ce film souligne l’interconnexion entre Aloha ʻĀina (l’amour de la terre) et l’amour pour ses aîné·e·s et les générations à venir.


NƯỚC (EAU/TERRE NATALE)

De Quyên Nguyen-Le

Dans ce court-métrage narratif expérimental, Nước (Eau/Terre natale) un·e ado genderqueer vietnamo-américain·e questionne les récits dominants sur la guerre du Vietnam à Los Angeles, Californie. Par le jeu de séquences oniriques fortes et d’intrusions de la réalité, ce film suit le parcours qui lui permet de recomposer et de comprendre l’expérience de sa mère, réfugiée de la guerre du Vietnam.


KAMA’ĀINA

De Kimi Lee

Dans Kama’āina, une jeune queer de seize ans doit se débrouiller pour vivre dans les rues de Oahu, jusqu’à ce qu’elle finisse par pouvoir se réfugier, sur les conseils d’une tata, à Pu’uhonua o Wai’anae, le plus gros camp organisé de sans-abris de Hawai’i.


DEVI

By Karishma Dev Dube

Dans Devi (« déesse » en hindi), Tara, une jeune lesbienne « dans le placard », s’oppose à la fois à sa famille et à la tradition pour vivre son attirance pour la servante de la maison. Située à New Delhi, Devi est une histoire de révélation tout autant qu’un commentaire sur les lignes sociales et de classe qui divisent les femmes de l’Inde contemporaine.


HEADING SOUTH

De Yuan Yuan

Dans Heading South, Chasuna, une fillette de 8 ans élevée par sa mère sur le Plateau de la Mongolie intérieure, rend visite à son père abusif à la grande ville. Pendant qu’elle est chez son père, on lui présente une nouvelle venue dans la famille. Elle doit alors reconnaître et accepter que sa véritable maison est inséparable de sa mère et de la terre.


Outrun

De Johnny Symons & S. Leo Chiang

Dans le long métrage Outrun, nous suivons le parcours de la première femme transgenre au Congrès des Philippines. Face à l’oppression d’une nation majoritairement catholique, son parcours victorieux devient un cri de victoire pour les droits des personnes LGBTQ+ du monde entier.

Alliant le documentaire, le récit et des formes expérimentales, ces films illustrent que l’attention de la communauté, l’amour de soi et une écoute profondément transformatrice entre celleux que nous aimons sont une entrée dans les Réalités féministes auxquelles nous donnons vie aujourd’hui. De toute l’Asie Pacifique et sa diaspora, ces histoires nous montrent que, face à la violence, la tendresse est la plus féroce des résistances.

Regardez notre conversation avec les cinéastes 


Jess X Snow:

Jess X. Snow est réalisateur·rice de films, artiste, poète nominé·e au Pushcart, auteur·e de livres pour enfants et éducateur·rice artistique communautaire qui crée des histoires d'immigrant·e·s asiatiques queers qui transcendent les frontières, les binarités et le temps

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Doris Valenzuela Angulo

Doris Valenzuela Angulo était une activiste sociale, leader et défenseure des droits humains afrodescendante de Buenaventura, en Colombie. Elle faisait partie du réseau national Comunidades Construyendo Paz en Colombia (CONPAZ, Communautés construisant la paix en Colombie) composé d’organisations présentes dans les communautés affectées par le conflit armé œuvrant en faveur de la non-violence et la justice socio-environnementale.

Doris s’opposait à la violence paramilitaire continue, aux pressions incessantes des mégaprojets cherchant à déplacer sa communauté, et à la complicité de  l’État. Confrontée à l’un des contextes les plus difficiles de son pays, elle joua un rôle de premier plan dans l’initiative de résistance non-violente sans précédent Espacio Humanitario Puente Nayero, un lieu urbain conçu pour assurer la cohésion communautaire, la sécurité, la créativité et l’action collective. 

Ce combat non-violent unique en son genre des familles de l’Espacio Humanitario Puente Nayero attira l’attention et le soutien des agences tant locales qu’internationales. En septembre 2014, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme accorda des mesures de protection préventives à la communauté, ordonnant au gouvernement colombien d’adopter des mesures nécessaires en vue de protéger la vie et l’intégrité physique des habitant·e·s. Les menaces et la violence des paramilitaires se poursuivirent néanmoins. Malgré l’assassinat de son fils Cristian Dainer Aragón Valenzuela en juillet 2015,Doris continua à mettre toute son énergie à éviter le recrutement forcé des enfants et des jeunes par les néo-militaires. Elle devint alors également une cible, recevant constamment des menaces pour son activisme et le travail qu’elle accomplissait.

Les incessantes agressions et menaces de mort dont elle était l’objet forcèrent Doris à quitter la Colombie. Elle vécut en Espagne de février 2017 à février 2018, dans le cadre du programme de protection temporaire d’Amnesty International pour les défenseur·e·s des droits humains en danger.

Doris a été assassinée en avril 2018 à Murcie, en Espagne, par son ex-compagnon. Elle n’avait que 39 ans. 


Hommages :

« Doris, cette année passée avec toi nous a montré combien une personne peut avoir la capacité de transformer et créer de l’espoir en dépit des événements profondément négatifs et dévastateurs qui jalonnent sa vie... Nous poursuivons notre engagement à défendre tous les droits humains. Ton courage et ta lumière nous guideront toujours. » - Montserrat Román, Amnesty International, Groupe de La Palma, Espagne

Extrait de « Mots pour Doris Valenzuela Angulo », d’Elsa López

« ... Tu le savais. Tu l’as toujours su. Et malgré tout cela, tu as résisté sans faillir à tant d’injustice, de misère, de persécution. Tu t’es élevée, fière et acharnée, contre ceux qui continuaient à vouloir que tu abandonnes tout espoir, que tu t’abaisses, que tu te rendes. Debout, tu as réclamé haut et fort ta liberté et la nôtre, qui était la tienne. Rien ni personne n’est parvenu à paralyser tes efforts pour changer le monde et le rendre plus généreux et plus vivable. Tu vis parmi nous, aujourd’hui plus vivante que jamais malgré la mort. Tu vis encore par tes actes, par ton courage, par ta grandeur lorsque tu pleurais pour cette terre promise que tu invoquais à chacun de tes cris, pour tous ces déserts que tu as habités. Toi. Toujours en vie. Doris Valenzuela Angulo.
Ce ne sont que des mots. Je sais. Je le sais, moi aussi. Mais les mots nous unissent, nous protègent, nous donnent la force et le soutien nécessaires pour continuer à aller vers la lumière que tu défendais tant... »