La crise affecte tous les États arabes

Malgré la diversité manifeste de la région, tous les États arabes ont été touchés par la crise mondiale. Le premier effet direct de la crise, et sa première manifestation, a été la chute du prix du pétrole qui a coïncidé avec une réduction de moitié de la taille des marchés des valeurs locaux et avec la perte de valeur des investissements sur le marché mondial.

Cet impact s’est fait sentir principalement dans les pays arabes les plus mondialisés, en particulier dans les pays exportateurs de pétrole. Il s’est étendu dans un deuxième temps aux autres pays, d’abord du fait de la réduction des transferts de fonds de l’étranger résultant des pertes d’emplois des migrants du Golfe, et à présent sous l’effet de la réduction du commerce et de l’investissement, facteurs vitaux de création d’emplois, et de la diminution des recettes gouvernementales, celle-ci réduisant les capacités de l’État à mettre en place des filets de sécurité sociaux.

Au Maroc, on s’attend à une stagnation des transferts de fonds, première source de devises, étant donné que le taux de chômage chez les immigrants marocains en Espagne a atteint le niveau record de 21 %. En Égypte, les recettes du tourisme du 4e trimestre 2008 ont baissé de 7,8 %, contre une croissance de 38,3 % pour la même période en 2007.

Certains pays à revenu intermédiaire, tels que l’Égypte et la Jordanie, s’étaient efforcés ces dernières années de diversifier leur économie et de créer des emplois dans de nouveaux secteurs, par des accroissements de compétitivité dans l’industrie textile, par exemple, ou en construisant de nouveaux complexes touristiques dans les lieux où la croissance mondiale de ce secteur était la plus rapide, ou en mettant en place de nouvelles infrastructures pour aider les petites entreprises à intervenir sur les marchés mondiaux. Le resserrement du crédit et les perspectives d’avenir peu prometteuses ont mis un terme à cette croissance.

Quant aux pays les moins avancés, tels que le Yémen et Djibouti, et aux pays en situation de conflit, la Somalie par exemple, ce sont eux qui subiront les plus rudes effets de la crise. La moitié de la population de ces pays vit déjà dans la pauvreté ou l’extrême pauvreté, dans des conditions d’insécurité effarantes, et il est à craindre qu’un nombre croissant d’hommes, de femmes et d’enfants viendront les rejoindre.

Le fardeau de la crise économique pèsera particulièrement lourd sur les femmes. Malgré les remarquables progrès accomplis dans le domaine de l’éducation ces dernières décennies, les femmes n’ont pas bénéficié d’une autonomisation économique, ce qui réduit leur accès aux services d’éducation, de santé et autres en période de difficultés conjoncturelles.

La réponse du PNUD

Les partenariats que le PNUD a forgés par le biais du processus de consultation du Rapport arabe sur le développement humain et d’application de ses recommandations permettent à l’organisation de faire fond sur sa crédibilité pour orienter le débat régional sur les questions prioritaires, telle que la sécurité économique de la région. Les travaux de plaidoyer et d’assistance technique du PNUD avec la Ligue des États arabes, en tant qu’institution et avec ses états membres, ont contribué à l’émergence d’un engagement régional en faveur de la réduction de la pauvreté et du développement social, concrétisé notamment par l’annonce de la création d’un fonds de 2 milliards de dollars pour aider les petites entreprises à surmonter la crise du resserrement du crédit.

Le PNUD poursuit parallèlement son travail de plaidoyer auprès de la communauté internationale ainsi qu’au niveau régional, recommandant des dépenses ciblées axées sur la mise en place d’établissements d’enseignement et de santé de qualité, sur la fourniture de services de base, notamment d’alimentation en eau et d’assainissement, sur la protection de l’environnement et sur l’autonomisation des filles et des femmes.

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